Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 19:55

Collins WImaginez un manoir sur la côte des Cornouailles vers 1829, une jeune femme de chambre qui se voit confier un horrible secret par sa maîtresse mourante, secret tellement terrible pour Sarah Leeson qu’elle décide de cacher la lettre dans les parties inhabitées du manoir et disparaître à tout jamais.

 

Néanmoins, comme l’on peut s’en douter, le destin va la rattraper au travers la descendance de sa défunte maîtresse une bonne quinzaine d’années plus tard. Et c’est une pléthore de personnages qui va se trouver mêlée à cette longue enquête.

 

Mon avis :

 

Un roman typiquement classique, so british, je ne connaissais pas Wilkie Collins. Peut-être un peu long à mon goût, très romantique, mais plutôt agréable à lire (on n'écrit plus comme ça de nos jours) avec quelques passages comiques ou bien émouvants. J’ai été suffisamment gourde pour ne pas deviner le secret dont le contenu a réussi à me surprendre… Alors que c’était tout à fait prévisible. Bref…

 

Un roman à déguster avec une tranche de cake et un bon thé. Et j'ai failli oublier : une lecture dans le cadre du Club !

Collins WilkieSur l’auteur : Wilkie Collins est un écrivain britannique de l’époque victorienne. Après des études de droit et l’obtention d’un diplôme d’avocat en 1851, il connaît son premier succès avec Antonina en 1850. Il rencontre Charles Dickens en 1851 qui deviendra à la fois son ami et principal éditeur. Ses livres sont qualifiés de «romans à sensation », genre précurseur du roman policier et du roman à suspense.  Au cours de sa carrière il a écrit 27 romans, plus de 50 nouvelles, au moins 15 pièces de théâtres et plus de 100 essais.

(sur cette photo, on dirait le Père Noël...)

 

Extraits :

 

& A ces mots Mrs. Jazeph sursauta comme si on l’eût frappée et s’écarta brusquement pour regagner la fenêtre.

- Je ne vous ai pas offensée, j’espère, dit Rosamond en observant ce recul. J’ai la triste habitude de dire tout ce qui me passe par la tête. Et j’ai vraiment cru lire dans vos yeux, à l’instant, que quelque chose en moi vous effrayait ou vous faisait souffrir.

 

& Comme la grande majorité des hommes dotés d’une stupidité opaque, il éprouvait un plaisir intense à s’écouter parler, et il flairait, à la suite des événements qui venaient de se produire dans la maison, une occasion exceptionnelle de s’offrir ce luxe.  

 

 

 

 

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Par Ilse - Publié dans : Vie à Lire classique - Communauté : Littérature anglophone
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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 15:34

servanteElle a changé de vie, radicalement. Aujourd’hui elle est vêtue de rouge et voilée. Elle a changé de nom, n’a plus de famille, est accompagnée d’une autre servante dès qu’elle sort et doit éviter de montrer son visage aux hommes qu’elle pourrait croiser.

 

Elle est dans la catégorie des reproductrices, mais ne tombe malheureusement pas enceinte. Elle se méfie des Marthas, de la femme du Commandant, de son accompagnatrice, des Tantes, bref, de tout le monde.

 

Ce n’est que la nuit lorsqu’elle est enfin seule dans sa chambre que des souvenirs lui reviennent parfois en mémoire : des livres brûlés, des magazines féminins, la fuite devant un poste de garde, son licenciement.

 

Ce monde aseptisé, conforme, organisé au millimètre est parfois ponctué par des arrestations qui peuvent finir entre-autres par des pendaisons en public. Des gens disparaissent. Autrement dit, il n’y a pas intérêt à enfreindre les règles.

 

 

Ce que j’en ai pensé : Le contexte historique, futuriste et sordide de l’histoire, où quoi que l’on fasse, on fait « mal », me font penser à 1984 de George Orwell, en version « féminisée ». Les femmes sont au pouvoir mais dans un lieu bien particulier dirait-on, comme dans une secte. Est-ce une dénonciation des dangers d’un féminisme trop poussé ? Ou la violence faite aux femmes par des femmes ?

Je pense que l’auteure touche à des points sensibles, aux déviances que nos sociétés démocratiques ou non peuvent connaître : notre capacité à nous résigner mais aussi à nous rebeller en risquant la mort. La disparition des sentiments, de la connaissance, de la culture, du goût à la vie alors que paradoxalement l’objectif du système quasi carcéral que nous décrit l’auteur est de poursuive le développement de cette nouvelle espèce humaine.

Bref, une histoire qui se lit d’un trait et qui peut mettre mal à l’aise face aux similitudes de la condition féminine dans notre société comme dans les régimes les plus durs de la planète.

 

margaret-atwoodSur l’auteur : D’origine canadienne, Margaret Atwood est née en 1939 à Ottawa. Elle commence à écrire à l’âge de 16 ans et reçoit en 1961 la médaille E. J. Pratt pour son recueil de poème Double Persephone. Après des études notamment à l’université féminine Radcliffe College, elle poursuit une carrière d’enseignante dans diverses universités aux Etats-Unis et au Canada.

La servante écarlate, publié en 1987 obtient le prix Arthur C. Clarke.

D’autres avis chez : http://clubdeslectrices.wordpress.com/2012/03/25/un-dimanche-avec-la-servante-ecarlate/

 

 

Extraits :

 

& La nuit m’appartient, c’est mon temps à moi, je peux en faire ce que je veux, pourvu que je reste tranquille. Pourvu que je ne bouge pas. Pourvu que je reste couchée immobile. La différence entre coucher et se coucher. Se coucher est toujours pronominal.

 

& Le Commandant marque une pause, les yeux baissés, à examiner la page. Il prend son temps comme inconscient de notre présence. Il est comme un homme qui chipote son steak, derrière une vitre de restaurant, et qui fait semblant de ne pas voir les yeux  qui l’observent, dans la nuit affamée, à moins d’un mètre de son coude. Nous nous penchons un peu vers lui, limaille de fer attirée vers son aimant.

 

& Ô Dieu, efface-moi ! Rends-moi féconde. Mortifie ma chair, pour que je me multiplie. Fais que je me réalise…

Certaines se laissaient emporter par cela. L’extase de la mortification. Quelques-unes gémissaient et pleuraient.

Il n’y a pas lieu de vous donner en spectacle, Janine, disait Tante Lydia.

 

 

 

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Par Ilse - Publié dans : Vie à Lire moderne - Communauté : Interlignes
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