Trilogie egyptienne : Seigneurs des Deux Terres

Publié le par Ilse

Je continue donc ma découverte de la civilisation egyptienne d'avant JC avec cette auteure : Pauline Gedge.
L'histoire : un pharaon, Apopi, règne sur l'Egypte. Celui-ci n'est pas vraiment egyptien, ses ancêtres arabes (je crois) ont envahi l'Egypte des générations avant lui. Séquénenrê, lui, est un prince egyptien "de pure souche" et règne au sud du territoire. Il est sous la coupe d'Apopi à qui il doit verser tous les ans comme impôt une bonne partie du fruit de ses récoltes. Arrive un jour un message du pharaon visant à provoquer le prince. Ce dernier décide dans un premier temps de l'ignorer mais Apopi ne le laissera pas tranquille et Séquénenrê va résister. La guerre est imminente, c'est David contre Golliath... Autour de Séquénenrê gravite une famille soudée : sa femme, ses 3 fils, ses 2 filles, et une mère, Tétishéri, au caractère implacable qui l'encouragera dans ses actions.

Livre premier : Les chevaux du fleuve

 Extraits :

§ "J'ai peut-être perdu plus de temps que je n'aurais dû à chasser le gibier à poil et à plume, dit-il. Mais comme j'étais le plus jeune, je ne pensais pas avoir jamais à assumer les responsabilités d'un prince. Je me suis bien amusé, père. J'ai aimé la vie que j'ai menée. Manger, dormir, m'enivrer sous les palmiers pendant les longs après-midi d'hiver et savoir que l'on ne me demandait rien d'autre que d'exister. Tous les dieux m'ont gâté, sans parler de ma mère et de mes soeurs. Mais la vie est étrange, n'est-ce pas ?" -p 178-


§ Elle lui sourit avec un cynisme qu'il ne lui avait jamais vu et qui le choqua. "J'ai toujours aimé ce vieux serment que nous utilisons à tout propos : "Aussi vrai que j'aime la vie et déteste la mort". Il ne veut quasiment plus rien dire. Pourtant nous sommes effectivement un peuple qui aime la vie et déteste la mort, plus passionnément que les Sétiou ne le comprendront jamais. J'ai réfléchi à ces mots, Kamosé. J'aime la vie. Aussi longtemps que je suis en vie, je peux espérer que les dieux m'accorderont un sort plus doux, tu ne crois pas ?" -p 313-



Suite : L'Oasis

Après une première bataille ayant coûté la vie à Séquénenrê ainsi qu’un de ses fils, Si-Amon, Apopi décide de punir les Taâ les obligeant, dans un délai de 4 mois, à céder leurs biens et les forçant à vivre séparément les uns des autres. 4 mois est le temps que consacreront les princes, Kamosé ayant repris les fonctions de son père, à constituer une nouvelle armée mieux préparée pour affronter « l’Unique ». Grâce au ralliement de monarques de 4 autres villes du sud ainsi que l’armée des Medjaï, une première victoire est à la portée du jeune roi. A son retour chez lui, il cède à la demande de son général de protéger les Médjaï contre les envahisseurs Koushites plus au sud du pays.

Durant son absence, les princes conspirent : ils ne pardonnent  pas à Kamosé la brutalité et la barbarie des ses assauts dans leurs villes et alentours. Les Taâ se rendent compte trop tard de l’horrible complot qui se trame contre eux.

Ahmosis est le dernier fils vivant de Séquénenrê. Il a désormais pour ultime mission de poursuivre la lutte de ses prédécesseurs afin de reconquérir définitivement le trône d’Horus.

 

Extraits :

 

§ Il avait espéré respirer plus librement après avoir dépassé les pitoyables carcasses des chevaux, mais dès ce moment-là il ne fut plus seul. Des cadavres silencieux gisaient partout. Leurs doigts raidis griffaient le sable, leurs yeux froids reflétaient la lumière des étoiles ; certains étaient même appuyés l’un contre l’autre en une parodie macabre de camaraderie.

 § Les récoltes allaient bientôt commencer, si bien que les plats débordaient de laitue, de petits pois brillants, de pousses d’oignon, de tranches de radis blanches lisérées de rouge, de pois chiches, le tout arrosé d’huiles d’olive, de sésame ou de ben, et assaisonné d’aneth, de coriandre, de fenouil et de cumin. Canards, oies, poissons-inet, morceaux de gazelle rôtis, grillés ou bouillis, s’offraient en abondance aux doigts gourmands.




3ème partie : La Route d'Horus

Ahmosis décide de reprendre le combat après sa longue convalescence. Il redescend le Nil avec son armée dans le but de vaincre définitivement Apopi et récupérer le trône d’Horus. La bataille tarde car celui-ci reste cloitré derrière son immense palais aux murs infranchissables. Néanmoins, grâce à différents stratèges, quelques portes du palais s’ouvrent et les combats font rage. Après une première victoire, Ahmosis, comme son frère avant lui, rechigne à rentrer chez lui retrouver la complexité des affaires familiales et celles de son domaine. La guerre le rend insensible et même jaloux des hommes qui côtoient quotidiennement son épouse pour sa gestion. Une autre bataille l’appelle dans deux villes où les princes se rebellent. De retour chez lui, sa sœur-femme attend leur troisième enfant, mais les présages sont mauvais. Il repart de nouveau pour achever sa conquête des territoires du nord et met en fuite l’ancien souverain au-delà des frontières de l’Egypte. Il y retrouve son autre sœur Tani, qui a bien changé… Apopi et sa cour se sont enfermés dans une autre forteresse à Sharouhen. Ahmosis décide d’y laisser son armée et de rejoindre sa femme dont la petit fille née il y a peu, est mourante. Une année s’écoule jusqu’à ce que l’occasion de parachever sa conquête du trône se présente à nouveau. Les présages sont encourageants. Un ultime combat ne sera pas nécessaire pour qu’Ahmosis devienne le roi d’une Egypte réunifiée.

 

Extraits :

 

§ Prenant le miroir que Raa lui tendait, elle s’examina d’un oeil critique. Le henné avivait ses lèvres, d’habitude étrangement pâles, mais il ne dissimulait pas leur pli hautain, une particularité physique qui incitait souvent les gens à la croire froide et arrogante, même lorsqu’elle était enfant. Alors qu’en fait j’étais terriblement timide, pensa-t-elle fugitivement.


§ Prenant alors la main de son fils dans la sienne, Ahmès-Néfertari lui expliqua pourquoi il avait été maquillé et habillé, pourquoi il devait garder ses sandales, et la signification de ce qui allait se passer dans le temple. Il l’écouta avec sérieux, puis, quand elle se tut, s’agita sur les coussins, l’air pensif, les yeux baissés sur ses paumes rougies de henné.


§ Un siège entraîne la création d’une sorte de ville. Si l’on y rencontre ni femmes ni enfants, si les tentes remplacent les maisons de brique crue et les magasins, tout le reste y est : rues, greniers, chapelles, odeurs de cuisine, braiements d’âne…

 

 

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Publié dans Autour de l'Egypte

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