Challenge amoureux relevé, ouf !

Publié le par Ilse

5438699503 f3b06230f1Presque un an pour relever ce challenge proposé par l'Irrégulière, d'autant que quelques idées ont très vite germé, à ma grande surprise, dans ma petite tête pour la plupart des catégories proposées.

 

Mes choix :

 

 

1. Une histoire d'amour mythique 

 

J'ai choisi celle de Pénélope et Ulysse.

 

Pénélope, fille d'Icare de Sparte et cousine d'Hélène de Troie, à peine après avoir accouché de Télémaque, voit son mari partir pour la guerre de Troie qui va durer 10 ans. Ayant provoqué la colère des dieux, celui-ci est condamné à errer sur la mer Egée, devant constamment se battre contre des créatures fantastiques. Dix ans de plus seront nécessaires avant que les dieux ne concentent à le libérer pour qu'il retrouve les siens.

 

Qui est Pénélope ? C'est un femme connue pour son intelligence, sa beauté et sa fidélité. mes challenges penelope tissantEn plus de pleurer (elle est fille d'une naïade) et de prier pour le retour d'Ulysse, elle trompe adroitement les nombreux prétendants qui ont pris son palais d'assaut et dilapident le patrimoine d'Ulysse afin de la forcer à épouser l'un d'entre eux. Non contente de leur faire miroiter de faux espoirs, Pénélope tisse le jour un linceul qu'elle défait la nuit, différant ainsi le choix de son futur époux. "Alors le jour, elle tissait la grande toile, et, la nuit, elle défaisait son ouvrage, à la lumière des flambaux. Ainsi trois ans durant, elle sut cacher sa ruse et tromper les Achéens."

 

 

Qui est Ulysse ? Fils du roi Laërte d'Ithaque et Anticlée, on le décrit comme un homme rusé, menteur et maître du déguisement, un homme qui mise sur son esprit pour survivre et parfois, se montre trop futé pour son propre bien. Son grand-père, Autolycos, était réputé ne jamais avoir rien gagné de façon légitime.

 

 

Le couple

 

Pour commencer, leur mariage fût arrangé. Heureusement pour Pénélope, Ulysse est quelqu'un de bien, elle l'apprécie : "Non, Ulysse, qui aimait parler, était un excellent conteur, que je prenais plaisir à écouter. Je crois que c'est ce qui lui plaisait le plus chez moi : ma capacité à apprécier ses récits." Elle finit par l'aimer et c'est réciproque. Pénélope découvre que comme elle, Ulysse a échappé de justesse à la mort dans sa jeunesse. Ce point commun va tisser un lien indestructible : "Je me plaisais à l'idée d'avoir quelque chose en commun avec mon mari : dans notre jeunesse, nous avions tous deux failli être détruits par des membres de notre famille. Raison de plus de nous serrer les coudes et de ne pas faire trop vite confiance aux autres."

 

Pénélope déclare : "Depuis toujours nous étions tous deux, de notre propre aveu, des menteurs émérites et éhontés". Ce qui les rapproche le plus et bizarrement les éloigne est leur "magnilité". Une séparation de vingt ans leur est infligée, mais ils tiennent bon. Bien sûr, Ulysse devra tromper "physiquement" sa femme avec des déesses, mais aura-t'il le choix ? "Calypso, l'illustre déesse, cherchait à me retenir auprès d'elle dans sa grotte creuse, car elle avait désir de m'avoir pour époux".

Ils ne formeront un vrai couple qu'au bout des vingt ans de séparation, et encore... Pénélope ne reconnaît pas Ulysse lorsqu'il revient, du moins, c'est ce qu'elle laisse croire puisqu'il est vieilli et déguisé en mendiant. Lorsqu'enfin, après s'être débarrassé des prétendants il lui révèle sa vraie identité, Pénélope met un certain temps à l'admettre. Après tout, 20 ans de patience ajoutés à la condamnation à mort de ses douze jeunes servantes l'ont un peu refroidie. Après l'épreuve de "la colonne de lit" ils se retrouvent enfin. 

 

 mes challenges couple 

  

Pourquoi ce choix ? Peut-être pour cette étonnante fidélité, notamment de la part de Pénélope. Combien de couples survivraient à une séparation de vingt ans ? Aucun sans doute. C'est sans doute pour cela que cette histoire est "mythique". J'aime assez les liens qui les unissent, leur complicité. Les photos sont issues d'une série télé que j'avais regardée étant petite, ça a dû me marquer...

 

Mes sources :

 

mes challenges odysse

 

  mes challenges penelope

 

 

 

2. Une histoire d'amour qui finit mal

 

J'ai choisi de revenir sur ma récente lecture de La fenêtre panoramique, de Richard Yates. Franck et April forment un couple ordinaire de l'Amérique des années 50. Ils vivent dans une maison faisant partie d'un lotissement où toutes les maisons se ressemblent et sont "charmantes".

Ils ont deux enfants, une bonne situation, mais ne sont pas heureux. C'est du moins surtout le cas pour April qui voudrait sortir de ce train train quotidien. Elle ne travaille pas et n'est pas "satisfaite" de l'emploi de son mari qui n'y trouve aucun intérêt mais lui permet de vivre correctement.

Au fil des pages on sent bien qu'ils ne sont plus sur la même longueur d'ondes puisque April a des de projets plus ou moins réalistes tandis que son mari semble plus réservé, même s'il va finalement dans le sens de sa femme.

Lorqu'April tombe enceinte, elle est anéantie. C'est là qu'un drame semble inévitable parce qu'elle ne veut pas de cet enfant qui met un terme à leur projet de partir en France. Franck se remémore la première fois qu'April est tombée enceinte et avait tenté d'avorter. Au lieu de cela, ils se sont mariés se rendant prisonniers d'eux-mêmes et de leurs principes.

Leur histoire d'amour finit mal parce que l'un comme l'autre ne peuvent pas aller au bout de leurs rêves, ou l'un en a plus que l''autre, mais aussi parce qu'ils ne réalisent pas la chance qu'ils ont malgré tout : avoir un toit, des enfants, un travail (du moins pour Franck). La souffrance d'April aura raison du couple : elle se suicide presque en tentant d'avorter par elle-même. 

 

challenge noces 

 

  

 

3. Une histoire d'amour qui finit bien

 

J'ai eu ma période Paulo Cuelho. Après avoir lu l'Alchimiste, j'avais entamé ce livre au joli titre : Sur le bord de la riviera je me suis assise et j'ai pleuré".

 

CoelhoIls se connaissent depuis l’enfance. Après quelques années leurs chemins se sont séparés mais ils sont toujours restés en contact. Pilar, vingt-neuf ans, accepte d’aller voir son ami d’enfance lors d’une conférence et effectue dans ce but un trajet de quatre heures pour rejoindre Madrid. A sa grande surprise, c’est lui qui anime la conférence en tant que séminariste.

 

Ils échangent quelques mots puis font ensemble le trajet jusqu’à Bilbao. C’est le début d’un voyage initiatique. Pilar se laisse guider par son mystérieux compagnon qui lui avoue rapidement son amour. Ils poursuivent leur route jusqu’à St Savin en France où ils font escale dans un hôtel local.

 

Pilar ne sait pas comment réagir face à cette force qui l’entoure, la croyance et les dons de guérisseur de son compagnon. Elle-même se sent changer. Est-elle prête à aller jusqu'au bout ?

 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

C’est une sorte de conte initiatique comme l’auteur aime en faire où se mêle la quête de l’amour mais aussi de la foi. L’amour a toujours existé nous dit-il même avant que nous apparaissions sur Terre. Il veut donner l’image féminine de Dieu à travers la Sainte Vierge auquel croît le héros de l’histoire puisque c’est elle qui lui a transmis son don de guérisseur.

Il nous interpelle comme pour l’Alchimiste sur le sens de notre vie : savoir interpréter les signes, ne pas étouffer l’enfant qui est en nous, aller au-delà de ce que pensent les autres.

Etonnant cet homme qui avoue sans sourciller à cette femme qu’il l’aime et va tout faire pour la convaincre. Comme elle, je me méfierai d'autant qu'à priori il a décidé de consacrer sa vie à la religion… C’est elle qui va devoir faire la démarche d’aller au-delà de ses propres limites ou non.

On éprouve le brouillard, les silences, les moments de complicité, de gêne aussi.

C’est un très beau roman, avec cette particularité que la religion y est omniprésente.

 

 

Extraits :

 

& Je ne pourrais – en aucun cas- tomber amoureuse d’un homme comme lui. Je le connais trop bien, nous avons vécu trop longtemps l’un près de l’autre, je n’ignore rien de ses faiblesses et de ses peurs. Je n’arrive pas à l’admirer comme le font les autres.

 

& « Qui est la Vierge ? Qu’est-ce que la Déesse ? »

 C’est moi qui reviens sur le sujet.

« C’est difficile à expliquer, dit-il, de plus en plus mal à l’aise. J’ai sur moi quelques pages de texte. Tu peux les lire, si tu veux. »

J’insiste : « Je ne vais rien lire du tout maintenant. Je veux que tu m’expliques. »

 

& « A quoi penses-tu ? a-t-il demandé.

- Aux vampires. Aux êtres nocturnes, renfermés, cherchant désespérément de la compagnie. Mais incapables d’aimer. C’est pour cette raison que, selon la légende, un pieu enfoncé dans le cœur peut tuer le vampire ; le cœur se réveille, libère l’énergie de l’amour, et détruit le mal.

 

 

Sur l’auteur : Né en 1947 à Rio de Janeiro, Paulo Coelho connaît une enfance difficile entre ses parents qui veulent faire de lui un futur ingénieur et une scolarité chez les jésuites. A dix-sept ans son père le fait interner dans un hôpital psychiatrique dont il ne sortira qu’à vingt sous prétexte qu'il veut devenir écrivain.

Il intègre le mouvement hippie dans les années soixante. Il voyage et se réconcilie avec la confession catholique grâce à une artiste peintre qui deviendra sa femme. Il devient journaliste, lui qui a toujours souhaité écrire. Son premier roman Le pèlerin de Compostelle ne connaîtra le succès que tardivement. C’est l’Alchimiste en 1988 qui lancera sa carrière suivi d’autres romans dont les principaux thèmes tournent autour de la spiritualité, le sens de la vie, les rêves. Avec un style simple, fluide il touche un grand nombre de lecteurs de par le monde.

 

 

4. Un conte, avec un prince charmant et une belle princesse, qui se marient et ont beaucoup d'enfants. 

 

Le prince endormi (Athènes)

 

 

Un roi attristé doit quitter sa fille unique pour partir à la guerre. Celle-ci le console par ces mots : « plus tôt tu partiras, plus tôt tu reviendras. En t’attendant, c’est ma nourrice qui me tiendra compagnie ».

 

Pour occuper le temps, la jeune femme se mit à broder un mouchoir en or afin d’en faire cadeau à son père quand il reviendrait.

 

Un jour, vint à passer sous sa fenêtre un aigle d’or qui lui cria : « Broderies, broderies ; avec un mort tu te maries ! ». Il revint le jour suivant criant les mêmes paroles. Perplexe, la princesse en parla à sa nourrice qui lui prodigua ce conseil : « s’il te le dit encore une fois, tu lui diras : « emmène-moi auprès de lui ».

 

L’aigle réapparut et la jeune femme ayant répété les mots de sa nourrice, il l’invita à monter sur ses ailes et l’emmena. Au bout d’un assez long voyage, ils arrivèrent au-dessus d’un puits très profond où l’aigle s’engouffra. Il la déposa au milieu d’une cour et repartit.

 

La fille découvrit un beau palais où tout semblait endormi : les animaux, les serviteurs. En pénétrant dans une chambre en or, elle vit un beau prince qui paraissait mort, tant il dormait profondément. A côté du lit se trouvait une table sur laquelle était posé un billet qui disait : « Celle qui entrera ici et se laissera attendrir par la jeunesse de ce prince ensorcelé, devra le garder sans dormir durant trois mois, trois semaines, trois jours, trois heures et trois demi-heures, puis, quand il éternuera, elle devra lui dire : « Bonjour, Votre Altesse. C’est moi qui vous ai gardé durant trois mois, trois semaines, trois jours, trois heures et trois demi-heures. » Alors le prince se réveillera et celle qui aura eu la patience d’attendre jusque-là, le prince la prendra pour femme, et, en même temps que le prince, se réveilleront tous les gens qui dorment dans le palais ».

 

La princesse n’hésita guère. Elle commença à veiller le prince. Le temps passait, elle prenait garde à ne pas s’endormir.

 

Au bout de trois mois, trois semaines et trois jours, elle attendait encore, quand elle entendit une voix provenant du haut du puits : « Servantes à vendre ! » La princesse se laissa tenter et en acheta une. Elle lui donna de beaux habits et la pria de lui tenir compagnie. Elle souhaitait se reposer un peu et demanda à sa servante de la réveiller lorsque le prince éternuera pour lui dire les paroles inscrites sur le billet.

 

Lorsque le prince éternua, la servante lui récita la formule. Le prince se réveilla, réveilla tous les membres du palais et lui dit qu’elle serait sa future reine. Quant à  la jeune femme qui dormait, elle la fit passer pour sa servante.

 

A son réveil, cette dernière, c’est-à-dire en fait la princesse, s’en alla garder les oies, en silence.

 

Une fois que le prince eut fait le tour du palais, il voulut partir à la guerre. Alors il dit à sa fiancée :

- Que désirez-vous que je vous rapporte de mon voyage ?

- Rapportez-moi une couronne sertie de diamants, répondit-elle.

Puis le prince descendit aux enclos et posait la même question à celle qui gardait les oies. Elle répondit :

-  Altesse, rapportez-moi s’il vous plaît une pierre de patience, une corde de pendu et un couteau à égorger.

 

De retour, le prince apporta la couronne à sa fiancée, puis il descendit aux enclos pour aller donner à la gardeuse d’oies les objets qu’elle avait demandés. Le soir venu, il s’en retourna aux enclos et aller se poster près de la fenêtre de la chambre où dormait la jeune fille. Il l’entendit qui racontait son histoire aux trois objets :

 

- Autrefois j’étais princesse. Mais une servante m’a trompée. Toi, couteau à égorger, dis-moi ce que je dois faire.

- Te trancher la gorge !

- Toi, corde du pendu, dis-moi ce que je dois faire.

- Te pendre !

- Toi, pierre de patience, dis-moi ce que je dois faire.

- Patienter !

- De la patience, je n’en ai plus ! Toi, corde du pendu, dis-moi ce que je dois faire.

- Te pendre !

 

Le prince suivait la scène par le trou de la serrure. En voyant que la jeune fille attachait la corde pour se pendre, il défonça brusquement la porte, pénétra dans la pièce, prit la fille dans ses bras et il lui dit :

- C’est toi qui m’as désensorcelé ! Pourquoi me l’avoir caché ?

 

Il voulut faire pendre la servante, mais la princesse l’en empêcha. Elle avait déjà trop souffert. Tous deux partirent au royaume du père de la princesse puis ils se marièrent.

 

Ils vécurent heureux, et nous plus heureux encore.

 

 

 

Source : 

 

  Contes (2) 

 

 

5. Un recueil de poèmes amoureux

 

 

Poèmes d’amour désespéré, de Silvina Ocampo

 

C’est tout à fait par hasard, en me promenant dans ma médiathèque, que je suis tombée sur cet ouvrage au titre évocateur...

 

Silvina Ocampo naquit en 1903 à Buenos Aires et y mourut en 1993. Poèmes d’amour désespéré vit le jour en 1949 en Argentine. Dans un livre de dialogues avec l’écrivain argentin Noemi Ulla, elle dit : « Cette histoire d’écrire fait partie de l’amour… Ecrire est un acte d’amour… Parfois j’écris pour une personne amie, qui m’est chère, et qui ressens ce que j’écris ». Elle s’inspire de la nature : les fontaines, les fleurs, les parfums, les étoiles de l’été, les branches des eucalyptus, l’oiseau et son chant, la ligne du lévrier en fuite dans la plaine, les crépuscules qui brûlent l’âme et l’eau qui court entre les reflets et les mots.

 

Borges dira à son propos : « Il y a chez Silvina une vertu qu’on attribue communément aux Anciens ou aux peuples d’Orient et non à nos contemporains. C’est la clairvoyance ; plus d’une fois et non sans un début d’appréhension, je l’ai sentie en elle. Elle nous voit comme si nous étions en cristal, elle nous voit et nous pardonne. Essayer de la tromper est inutile ». Elle et son époux, Adolfo Bioy Casares, furent des amis très proches de Borges.

 

Encore une autre anecdote : elle se plaisait à traduire ses poèmes en d’autres langues, et en espagnol la poésie de Ronsard, Nerval, Baudelaire, Andrew Marvell, Alexander Pope et surtout celle d’Emily Dickinson qui l’envoûta pendant de longues années et dont elle rassembla six cents poèmes dans un volume préfacé aussi par Borges.

 

 

 

VOEU

 

Je veux d’autres ombres d’or, d’autres palmiers,

d’autres vols d’oiseaux étrangers,

je veux des rues distinctes, dans la neige,

une boue différente lorsqu’il pleut ;

je veux l’ardente odeur d’autres bois ;

je veux un feu aux flammes singulières,

d’autres chansons, d’autres aspérités,

qui ne sauraient rien de mes tristesses.

 

 

J’ai aimé ce rapport de l’auteure avec la nature. Ce que je retiens de ce recueil : l’amour, oui, mais dans les rêves, les promesses. L’évocation de la solitude de celui que la mort va frapper tandis qu’autour de lui la vie se poursuit…

  poème (2)

   

 

6. Catégorie libre, vous faites ce que vous voulez : ce peut être une lecture qui n'entre pas dans les catégories précédentes (les kâma-sûtra, un livre érotique, un manuel de conseils d'experts sur le sexe, un essai... que sais-je !), mais vous pouvez aussi écrire une déclaration d'amour ou un petit texte sur le sujet, faire un tableau ou un collage, une photo, un gâteau en forme de coeur, visionner une comédie romantique... les idées les plus dégoulinantes de sentiments sont les bienvenues, ainsi que les autres d'ailleurs !

 

 

Pour le dégoulinant m'est venue cette chanson :

 

  

Allez, un peu moins dégoulinant et parce que c'est une chanteuse que j'aime bien, Le seul remède, de Mélaaz :

 

Publié dans Vie à Challenger

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L'irrégulière 11/02/2012 16:57


Ahah, toi tu fais tout d'un seul coup ! C'est noté ;-)

Ilse 12/02/2012 12:56



Ha oui, je te remercie. J'ai été une bonne élève...