Eloge de la faiblesse_Alexandre Jollien

Publié le par Ilse

ElogeA sa naissance, victime d’une athétose, Alexandre est immédiatement placé dans un institut spécialisé pour handicapés. Il grandit à coup de thérapies, exercices quotidiens de coordination, de déplacements, loin de sa famille.

Impossible dans ces conditions de se projeter dans l’avenir, il faut apprendre à vivre au jour le jour.

L’amitié naissante avec ses camarades lui est vitale pour permettre une progression, leur but principal étant de ressembler le plus possible aux » gens normaux ».

Socrate s’étonne de cette force, cette volonté. C’est alors qu’Alexandre lui explique que c’est grâce à la philosophie qu’il s’en sort mais pas seulement : ses amis, Julien, Adrien et d’autres, ne sachant que très peu s’exprimer, lui insufflent par leur regard, leur enthousiasme, confiance et  humanité.

Arrivé dans une Ecole de commerce il réalise que les rapports entre élèves sont différents par rapport à son monde, les codes ont changé. La meilleure arme pour se faire apprécier de tous est l’humour : Alexandre en fera l’expérience.

 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

C’est le deuxième ouvrage que je lis d’Alexandre Jollien qui aime dialoguer avec ses philosophes préférés. Ici il nous livre avec simplicité les galères qu’il a traversées avec ses camarades, les conflits avec ses éducateurs et les tensions engendrés avec les proches.

 

Il ressent comme les autres les regards de voisins, des gens dans la rue qui mettent mal à l’aise et empêchent finalement une certaine liberté. Il pose une question phare : la normalité. Quelle est la frontière ou y en a-t-il une avec l’anormalité ?

 

C’est une leçon de vie : celle d’aller chercher au plus profond de soi le courage, la détermination d’être soi malgré son handicap ou l’image que l’on veut vous coller. Aller au-delà des apparences.

 

 

A. JollienSur l’auteur : Philosophe de formation, Alexandre Jollien est né en 1975 en Suisse. Il a vécu dix-sept ans dans une institution pur personnes handicapées moteur cérébral. Aujourd’hui, il donne des conférences. Il a publié trois autres ouvrages, Le Métier d’homme, La Construction de soi et Le Philosophe nu.

Retrouvez-le sur son site : http://www.alexandre-jollien.ch/

 

Extraits :

 

& Il est vrai que les difficultés rencontrées peuvent devenir formatrices et qu’un homme possédant un peu de bon sens en tirera plus de profit qu’en consultant les ouvrages pompeux de bien des spécialistes de l’éducation. La difficulté aguerrit, stimule, elle oblige à trouver des solutions.

 

& On a de plus en plus tendance à exclure le différent, l’inutile, l’étranger, l’autre… Jérôme ne pouvait rien faire physiquement. Après avoir évalué ses possibilités, on le qualifiait volontiers de « non rentable ». Pourtant, il m’a appris, mieux que quiconque, le dur « métier d’homme ».

 

& Son enseignement avait du bon, malgré tout. Je dis souvent que les éducateurs m’ont éduqué à contrario, qu’ils m’ont donné un modèle tout fait, figé, que je me suis efforcé par la suite de ne pas suivre.

 

 

 

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Publié dans Vie à Lire moderne

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