L'oeuvre_Emile Zola

Publié le par Ilse

zolaParis, 1885. Un jeune artiste peintre, Claude, un peu bourru, plein d’ambition rencontre par une nuit d’orage Christine, qu’il héberge pour la nuit.

 

Ses amis, Sandoz l’écrivain, Dubuche le futur architecte ainsi que d’autres artistes en devenir gravitent autour de lui luttant du mieux qu’ils peuvent pour s’en sortir dans un Paris foisonnant. Claude et Christine s’aiment et décident d’emménager ensemble loin de la capitale sans prévenir personne. Rapidement ils auront un fils, Jacques. Ils parviennent à vivre modestement mais Claude s’ennuie et regrette ses amis qu’il ne voit plus.

 

Finalement, en revenant sur Paris, Claude retrouve son inspiration mais la reconnaissance publique n’est toujours pas au rendez-vous. Le couple s’engouffre dans les dettes, bouffé par cet art qui devient comme une drogue, laissant la santé de leur enfant se dégrader au fil des jours.

 

Christine, en acceptant de poser comme modèle devient une femme-objet, une sorte d’esclave consentante aux caprices et réflexions plus blessantes les unes que les autres de son compagnon.

 

Leur amour devenu illusion, leur enfant disparu et la solitude de l’artiste incompris sonnent le glas, la fin de ce triste conte.

 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un roman « remonte-moral ». Quelle horreur ! Un peintre qui ne vit que pour et par sa peinture à en négliger sa femme, son fils. Christine, prisonnière des humeurs de son mari, reportant ce dédain sur son unique enfant. J’ai plaint cet enfant durant ma lecture…

 

J’espère que nos « vrais peintres impressionnistes » n’étaient pas comme ça…

 

Plus sérieusement, c’est l’histoire d’un amour avorté, bâti sur l’illusion d’un succès qui ne viendra jamais. L’histoire de l’œuvre qui écrase tout sur son passage, un couple qui s’engouffre dans la misère, l’un se perdant dans sa peinture, l’autre se considérant comme incapable de se débrouiller seule, trouver un travail. Tout se dégrade inexorablement. On assiste impuissant à cette lente chute, tout ce malheur.

 

Les principaux thèmes évoqués pour moi sont l’amitié, l’amour (éphémère), la solitude, la folie et la mort. La ville de Paris représente aussi un personnage : sa beauté, ses rues, la Seine. On dirait que l’auteur exprime également à travers son personnage principal son mépris de la « bonne société », détaillant leur vulgarité et leur manque de goût.

 

J’aime assez le style de Zola, plein de détails, de belles descriptions. Malgré la tristesse de l’histoire son style enlevé, sa belle écriture, arrive à faire passer la pilule si j’ose dire… Marquant.

 

 

Quelques mots sur l’auteur : de nouveau très paresseuse, vous trouverez pleins d’infos . Pour ma part, ayant vu l’exposition Manet, il me semble (décidément j’ai la mémoire courte) qu’il est représenté sur l’un des tableaux que j’ai vus. Il connaissait très bien le milieu des peintres impressionnistes. Il me semble que le premier tableau dont il parle dans l’œuvre est bien inspirée du Déjeuner sur l’herbe de Manet, justement…

 

 

 

Extraits :

 

& Tout petits, dès leur sixième, les trois inséparables s’étaient pris de passion des longues promenades. Ils profitaient des moindres congés, ils s’en allaient à des lieues, s’enhardissaient à mesure qu’ils grandissaient, finissant par courir le pays entier, des voyages qui duraient souvent plusieurs jours.

 

& - Mon Dieu ! rien, des petites choses… Je n’exposerai pas, je voudrais trouver un coup… Ah ! que vous êtes heureux, vous autres, d’être encore au pied de la montagne ! On a de si bonnes jambes, on est si brave, quand il s’agit de monter là-haut ! Et puis, lorsqu’on y est, va te faire fiche ! les embêtements commencent. Une vraie torture, et des coups de poing, et des efforts sans cesse renaisssants, dans le crainte d’en dégringoler trop vite !

 

& Mais, après les quatre rangées de marronniers, au-delà de cette bande d’ombre verdâtre, ils avaient devant eux la chaussée ensoleillée de l’avenue, ils y voyaient passer Paris à travers une gloire, les voitures aux roues rayonnantes comme des astres, les grands omnibus jaunes plus dorés que des chars de triomphe, des cavaliers dont les montures semblaient jeter des étincelles, des piétons qui se transfiguraient et resplendissaient dans la lumière.

 

 

 

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 Une lecture commune dans le cadre de ma participation au Club des Lectrices ^^ 

 

 

Publié dans Vie à Lire classique

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George 22/07/2011 17:12



Effectivement Paris est aussi un personnage important dans ce roman, voire un personnage central et je me souviens (parce qui oui je ne l'ai aps relu....) de descriptions proche d'une descrition
de tableau ! il reste un de mes romans préférés de Zola, avec "La curée" (la femme du Curé comme m'avait dit un de mes élèves!!!!).