La fenêtre panoramique, Richard Yates

Publié le par Ilse

9782221102084Titre original : Revolutionary Road

 

 

Etats-Unis, 1955. A la sortie d’une représentation théâtrale ratée, les Wheeler se disputent sur le bord de la route. Le couple bat de l’aile depuis un certain moment déjà. Mais là, on assiste à un glissement, une dégradation qui semble inéluctable. April ne supporte plus son mari, elle le méprise, quant à lui, il finit par se demander ce qui l’a poussé à l’épouser et à avoir des enfants avec elle.

Au travail Franck séduit une jeune secrétaire.

A son retour à la maison, changement total de décor, sa femme l’accueille avec le sourire et lui parle de ses futurs projets.

Autour d’eux gravitent leurs plus proches voisins et amis les Campbell et les Givings. April apprend qu’elle est enceinte pour la troisième fois.

 

 

Ce que j’en ai pensé : En démarrant le livre j’ai le sentiment que l’auteur juge déjà le monde qu’il décrit. Il ne l’aime pas. Personnellement, je n’aurai pas eu l’idée ou l’envie de le lire parce que pour le peu d’extraits que j’avais vu du film, il s’agissait pour moi d’une histoire banale de couple qui se dispute, ni plus ni moins. Frank et April n’aiment soi-disant pas la société dans laquelle ils vivent, parce qu’elle basée sur des faux-semblants, mais il semble qu’ils jouent exactement le même jeu.

 

Contrairement à son épouse, Frank s’en accommode. April est sur son nuage et quelque peu déséquilibrée. L’auteur n’est d’ailleurs pas tendre avec la gente féminine puisque les femmes sont toutes un peu à côté de la plaque. Elles souffrent pour beaucoup de solitude et d’incompréhension.

 

Il s’agit pour moi de la description d’un univers clos, où les gens s’ennuient entre eux et ne sont jamais satisfaits de ce qu’ils ont. La neutralité de leurs conversations en dit long sur cette apathie qui semble s’être abattue sur eux. Pourquoi tout cela ? Sincèrement, je ne sais pas. Je ne m’attache pas à cette vie là, à ces personnages tellement prisonniers d’eux-mêmes.

 

D’un autre côté c’est sans doute une retranscription très réaliste de la mentalité américaine bien-pensante de cette époque où la ségrégation, qui n’est pas abordée dans l’ouvrage, était notamment très présente. En fermant le livre, je me suis dit : « ces gens là ont existé, il doit y en avoir des tas ».

 

 

Quelques mots sur l’auteur :  J’ai trouvé très peu d’informations sur l’auteur : La fenêtre panoramique est son premier roman, paru en 1961. Il a ensuite poursuivi une carrière d’enseignant. Ce n’est que maintenant qu’il est reconnu comme un grand écrivain américain. Il est décédé en 1992.

 

 

Extraits :

 

& L’odeur de l’école dans l’obscurité, une odeur de crayons, de pommes et de colle forte, lui piqua les yeux d’une douce nostalgie ; il se revit tel qu’il était à quatorze ans ; c’était l’année où il avait habité Chester, Pennsylvanie… non, Englewood dans le New Jersey, et où il avait consacré tous ses loisirs à projeter un voyage en chemin de fer jusqu’à la côte du Pacifique.

 

& Ce tableau s’était reproduit pendant plusieurs jours jusqu’à devenir aussi réel qu’une illustration de magazine, et elle n’avait cessé de le perfectionner en y réfléchissant. Elle avait même trouvé une place pour les enfants des Wheeler ; pourquoi n’auraient-ils pas joué tranquillement dans le coin ombreux derrière les rosiers, avec des shorts blancs et des espadrilles, en courant après les lucioles ?

 

& - … Je pense que nous pouvons néanmoins conjecturer, reprit-il, en nous basant tout bonnement sur le sens commun, que si la plupart des petites filles sont affligées de ce genre d’envie d’être des garçons, elles la surmontent probablement à temps en observant leur mère, en l’admirant, en désirant rivaliser avec elle… Par là je veux dire, comprends-tu, fonder un foyer, avoir des enfants, etc. Et vois-tu, dans ton cas, tout ce côté de la vie, toute cette dimension de l’expérience t’a été refusée depuis le début. Je ne sais pas ; ces choses-là sont très obscures, difficiles à… difficiles à bien saisir, je pense.

 

 

 

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Publié dans Vie à Lire moderne

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Elisa 28/02/2011 12:24



Super bon avis!



annick 17/02/2011 08:24



j'ai vu le film et j'ai beaucoup aimé.



My little discoveries 16/02/2011 22:50



Je n'ai pas lu le roman mais j'ai a-do-ré le film car le personnage d'April me touche profondément. Le livre est dans ma bibliothèque, j'attends d'avoir moins le film en tête pour le lire. En
tout cas c'est intéressant de voir des avis différents, merci pour ta critique! ;o)