La Kahina

Publié le par Ilse

Mes lectures halimide Gisèle Halimi

 

 

La Kahina est reine du peuple berbère. Elle a vaincu les Arabes et règne sur la partie nord de l’Afrique, du côté tunisien.

Elle adopte un de ses prisonniers, Khaled, et en fait son amant. Ancien scripte et n’acceptant pas l’échec de son peuple, celui-ci tente de percer le mystère de sa geôlière dans le but de la renverser. La Kahina qui sait lire dans l’avenir pressent son destin, mais elle n’abandonne pas ses objectifs. Elle met à feu et ruine ses propres tribus dans le but de ne rien laisser à ses ennemis. Même les gens de son propre clan se retournent contre elle. Sa mort mettra fin à l’indépendance berbère en Ifrikiya.

 



Ce que j’en pense : On est tout de suite immergé dans la vie intime de l’héroïne, on la découvre un peu plus tout au long des chapitres, sa naissance, son caractère bien trempé dès le plus jeune âge, son refus d’avoir la même vie toute tracée de ses consœurs. Ses premières batailles feront d’elle une légende.

C’est aussi une histoire d’amour-haine entre un esclave et sa maîtresse : il aime la femme mais n’hésite pas à trahir la guerrière pour retrouver les siens.  

On comprend que l’auteur qui a toujours défendu la cause des femmes admire ce personnage tellement atypique allant à l’encontre du destin traditionnel des femmes berbères.

 

 

Quelques mots sur l’auteur : Gisèle Halimi est une ancienne avocate, ardente défenseuse de la cause féminine. Elle s’est batture pour le droit à l’avortement et la répression du viol au cours de procès devenus célèbres (procès de Bobigny). Elle a co-écrit avec Simone de Beauvoir Djamila Boupacha et soutenu de nombreuses associations pour les droits des femmes.

En novembre 2009, elle est promue commandeur de l'ordre national du Mérite, qu'elle reçoit le 13 avril 2010 des mains du professeur Axel Kahn.

 

Extraits :

 

§ Sa mère tentait aussi de lui enseigner l’art de vivre avec un homme, son seigneur et maître. De compromettre, de séduire, de ruser, de céder et de se reprendre. Bref, de faire de la faiblesse fatale des femmes une force mystérieuse.

 

 

§ - Ne me ressors pas une fois de plus ce conte vertueux, éclate la Kahina. Ce que vous voulez, c’est conquérir, occuper, prendre les terres et les biens … votre jihad n’est qu’une guerre de colonisation, Khaled, et vous avez besoin d’un dieu comme alibi ! »

 

 

§ Le plaisir physique la faisait vivre, comme l’exaltation d’une victoire. L’unifiait, unifiait en elle la vie et la mort. D’ailleurs, elle n’avait pas peur de la mort. Ne haranguait-elle pas ses troupes en exaltant la mort, préférable à l’esclavage, à la soumission, à la défaite ?

 

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Publié dans Vie à Lire moderne

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