Les mots_Jean-Paul Sartre

Publié le par Ilse

motsL’auteur commence par ses origines : l’histoire de son grand-père maternel qui fut professeur d’allemand, de sa grand-mère définie comme la "négation pure" puis de ses parents, leur mariage de raison, le décès de son père peu après sa naissance. Le petit Jean-Paul grandit choyé par sa mère, adoré par son grand-père. Très vite, il est attiré par sa grande bibliothèque qui lui offre un espace d’évasion, mais il ne sait pas encore lire.

«Lire » est justement l’intitulé de la première partie de cette autobiographie qui peut vouloir dire pour son auteur « liberté ». Les livres sont ses seuls camarades. Alors âgé de 8 ou 9 ans il lit Corneille, Musset, Chateaubriand, Flaubert, Balzac. Jusqu’à ce que sa mère décide de lui faire lire des ouvrages plus de son âge. Il s’identifie aux héros des romans de cape et d’épée, s’invente ses propres aventures.

Dans un environnement familial qu’il trouve apparent, il joue le rôle du bon petit garçon et s’en accommode.

Lire, c’est l’histoire de l’enfant seul, un peu chétif pour l’époque qui ne sait pas se faire de copains.

Ecrire, voilà à quoi il se prédestine. Il commence par des correspondances avec son grand-père. Grâce à l’écriture, il se sent exister. Lorsqu’il a 10 ans, on décide pour lui qu’il sera écrivain alors que paradoxalement il ne brille pas en français à l’école. Se posera alors la question de savoir s’il aime écrire.

L’homme de cinquante ans qui parle, avec amertume de son enfance isolée, ce « petit garçon mort », le désamour qu’il a de lui-même sait qu’il écrit avant tout pour lui-même, par besoin.

 

Ce que j’en ai pensé :

 

C’est mon premier Sartre. Il fallait bien commencer. Une lecture longue, faite en pointillé dans les transports en commun, parfois chez moi. J’ai moyennement accroché même si comme à chaque livre j’ai le sentiment d’apprendre quelque chose. C’est un récit un peu lugubre où flotte notamment le thème de la mort peut-être parce que l’auteur est orphelin de père. Est aussi évoqué celui de la religion : il va au catéchisme parce qu’il faut y aller, mais pas par grande conviction religieuse puisque personne ne semble y croire autour de lui. Personnellement j’ai trouvé pas mal de similitudes avec ce côté apparent que peut développer une famille où chacun joue un rôle bien défini. Et je ne parle pas de la religion… Quelques passages où l’auteur est très littéraire m’ont un peu échappé par moments. Enfin, il n’évoque qu’une toute petite partie de sa vie, son enfance jusqu’à l’âge de 10 ans. Mais elle semble très importante puisqu’elle semble déterminer son avenir : tout découle de là. L’auteur tente peut-être d’expliquer le pourquoi du comment. Je dirai que c’est une autobiographie « partielle ». Alors, avant d’en attaquer d’autres du même auteur, histoire d'en savoir un peu plus (qui à mon avis ne seront pas plus gais), je vais, je l’espère, m’atteler à une prochaine lecture plus légère.

 

 

Extraits :

 

& J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout ; défense était faite de les épousseter sauf une fois l’an, avant la rentrée d’octobre.

 

& C’est dans les livres que j’ai rencontré l’univers : assimilé, classé, étiqueté, pensé, redoutable encore ; et j’ai confondu le désordre de mes expériences livresques avec le cours hasardeux des événements réels. De là vint cet idéalisme dont j’ai mis trente ans à me défaire.

 

& Je vécus dans le malaise : au moment où leurs cérémonies me persuadaient que rien n’existe jamais sans raison et que chacun, du plus grand au plus petit, a sa place marquée dans l’Univers, ma raison d’être, à moi, se dérobait, je découvrais tout à coup que je comptais pour du beurre et j’avais honte de me présenter insolite dans ce monde en ordre.

 

 

 

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Publié dans Vie à Lire moderne

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Clovis Simard 09/10/2012 21:49


Voir mon blog(fermaton.over-blog.com)No.9- THÉORÈME SARTRE. - De la liberté