Mademoiselle de Maupin_Théophile Gautier

Publié le par Ilse

MaupinLe chevalier d’Albert adresse une longue lettre à son ami Silvio relatant son ennui au quotidien, la grande souffrance qui en résulte. Chez Madame de Thémines il rencontre Rosette qu’il repère parmi d’autres courtisanes. Séduite un peu trop facilement, il s’en lasse étant lui-même perpétuellement dans ses rêveries, ses fantasmes sur l’être parfait.

 

Théodore de Sérannes fait alors son apparition accompagné d’un page, laissant notre héros perplexe. En effet, le personnage a une beauté fascinante et semble plein d’esprit. Ils sympathisent et accompagnés de Rosette s’en vont à la chasse. Après un accident, celle-ci se rend compte que le page est en réalité une femme.

 

Vient le tour de Madeleine de Maupin de faire sa confession épistolaire à son amie Graciosa sur le pourquoi de son travestissement, son dégoût de plus en plus prononcé des hommes alors qu’au fil des jours elle s’adapte de mieux en mieux à leur mode de vie. Elle critique également la condition des femmes qu’elle trouve bien ennuyeuse ainsi que leur naïveté vis-à-vis des hommes.

 

Elle explique sa rencontre avec Rosette, qui ne se doutant de rien en tombe éperdument amoureuse. Piégée et après un duel musclé avec son frère, elle parvient enfin à quitter le domaine et poursuivre sa route.

 

D’Albert semble différent des autres hommes, plus attentionné. Séduite, elle se laissera tenter…

 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

C’était intéressant à l’heure de la célébration du bicentenaire de sa naissance, de lire un roman de Théophile Gautier, le premier en ce qui me concerne. Mais j’ai rapidement été désarçonnée par le langage, trop littéraire, verbeux à mon goût. L’ennui m’a en conséquence très vite gagnée, mais j’ai tout de même souhaité aller au bout de ma lecture sans doute par curiosité (j’ai quand même sauté un chapitre, j’avoue).

 

A travers la personne du chevalier d’Albert, l’auteur fait une ode à la beauté, la rêverie, l’imagination, mais que ce personnage semble prétentieux et j’ajouterais détestable lorsqu’il parle des femmes… L’auteur aborde les thèmes de la religion, la nature. Mais j’oublie que c’est un roman qui date de 1835 où les valeurs étaient autres qu’aujourd’hui, quoiqu’il me semble que nous sommes toujours autant tournés sur les apparences.

 

Le personnage de Madeleine de Maupin est très intéressant. Je n’ai pas très bien compris pourquoi elle se travestissait en homme mais il semble que cela lui est plutôt bénéfique. Elle découvre le monde des hommes qui aurait été, si elle avait suivi le cours traditionnel de la vie d’une jeune femme de cette époque, totalement étranger. Malgré les gênes ou les quiproquos occasionnés, elle y goûte une forme de liberté aussi bien spirituelle que sexuelle, du moins à la fin de l’histoire.

 

En refermant le livre je me suis quand même dit que c’était pas mal (il doit se retourner dans sa tombe M. Gautier).

 

theophilegautierSur l’auteur : Né en 1811, Théophile Gautier était un poète, romancier, peintre et critique d’art français, rien que ça. Enfant doué, notamment pour l’écriture, il rencontre Victor Hugo en  1829 qui deviendra « son maître ». Son premier recueil de poèmes, publié en 1830 passe totalement inaperçu. Mademoiselle de Maupin, publié en 1835 fera un scandale. Balzac lui propose devcontribuer au journal La Chronique de Paris en 1836. Il entame une carrière de critique d’art. En 1839 il s’essaie au théâtre suivi de la rédaction d’un ballet : le fameux Giselle qui rencontre un vif succès. Ce sont enfin ses voyages, en Espagne, Italie, Grèce qui inspireront ses œuvres littéraires, romans, nouvelles ou poésies.

 

Extraits :

 

& - En vérité, tu es d’un primitif qui n’a pas de nom, et je ne croyais pas qu’il fût possible d’être aussi pastoral et aussi bucolique que cela dans le bienheureux siècle où nous sommes ! – Que diable fais-tu donc de cette grande paire d’yeux noirs que tu as là, et qui serait de l’effet le plus vainqueur, si tu savais t’en servir ?

 

& Ma conscience est une sourde et muette. L’adultère me paraît la chose la plus innocente du monde ; je trouve tout simple qu’une jeune fille se prostitue ; il me semble que je trahirais mes amis sans le moindre remords, et je ne me ferais pas le plus léger scrupule de pousser du pied dans un précipice les gens qui me gênent, si je marchais sur le bord avec eux.

 

& Je perdais insensiblement l’idée de mon sexe, et je me souvenais à peine, de loin en loin, que j’étais femme ; dans les commencements, il m’échappait souvent de dire, sans y songer, quelque chose comme cela qui n’était pas congruent avec l’habit que je portais. Maintenant cela ne m’arrive plus, et même, lorsque je t’écris, à toi qui es dans la confidence de mon secret, je garde quelquefois dans les adjectifs un virilité inutile.

 

 

 

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C'était une lecture commune avec le blog club1 texte

 

Publié dans Vie à Lire classique

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Delphine 04/12/2011 10:29


Je dois dire que j'ai moi aussi abandonné ma lecture.... 

dames skarlette 29/11/2011 23:23


Je ne connais pas ce livre l'auteur oui. Un beau résumé. Bonne soirée

Violette 29/11/2011 10:12


Si Gautier s'est retourné dans sa tombe avec toi, il a dû faire des bonds avec moi!


Qu'est-ce que je me suis ennuyée... Et finalement, j'ai laissé Sandra me raconter la fin, et j'en ai profité pour ne pas le finir!


Si la plume de Gautier est souvent très juste et poétique, son lyrisme m'a littéralement noyée, et cette lecture a été une vraie souffrance.

Ilse 29/11/2011 20:53



On n'est plus vraiment habitués à ce genre de langage. Mais peut-être qu'à l'époque aussi, ça ne s'adressait qu'à une minorité...