Que deviennent-ils ?

Publié le par Ilse

SDFJe risque d’enfoncer une porte ouverte, je crois. Je veux parler de ces jeunes, des hommes pour la plupart, que j’ai croisés tellement souvent en allant au boulot à Paris, qui font la manche. Je fais « comme tout le monde », je suis pressée, à la rigueur je leur adresse un regard ou un bonjour. Je donne rarement quelque chose.

 

Je vois parfois des personnes qui s’arrêtent et leur parlent. Je me demande souvent ce qu’ils peuvent bien leur raconter. Moi je crois que je leur dirai : « qu’est-ce que tu (vous ?) fais là ? Tu ne devrais pas être là, ça n’est pas ta place. Tu n’as donc personne qui puisses t’aider ?»

 

Récemment j’ai donné 5€, une somme, à un gars que je voyais régulièrement le soir avant de prendre le RER. Un jour, je l’avais vu s’installer comme un automate, prenant des journaux gratuits pour s’agenouiller dessus, sortir son petit gobelet en plastique et interpeller les gens tout en bas de l’escalator. A le voir, j’ai bien compris qu’il est un peu simplet, il n’est sans doute pas doué pour les études. Qu’importe ! Il existe des tas de boulots ne nécessitant pas d’être Einstein ! Quoique… On vit une époque bien difficile où pour le moindre métier, il faut le sésame suprême puisqu’il n’y a pas de place pour tout le monde. Le monde de l’absurde.

Cette bonne volonté, cette rigueur qu’il met à mendier, il pourrait certainement l’utiliser à autre chose, de plus digne. Pourquoi est-ce qu’on ne l’aide pas ? Moi-même, qu’est-ce que je peux faire concrètement ? Je ne vois pas. (c'est ça le pire, je crois)

  

Et cet autre jeune, qui n’a pas vraiment l’air d’un loubard, démarrant sa journée assis par terre, patientant les yeux rivés sur son gobelet… Combien de temps peut-on tenir comme ça ?

 

Ca me fait vraiment mal de voir ces situations, ces gens au quotidien qui sont en marge alors que je crois que eux ne sont vraiment pas à leur place. Mais la rue n’est la place de personne me direz-vous. Sauf qu’il y en a, des plus âgés, qui semblent avoir vraiment abandonné. Certains mendient parce qu’ils s’en foutent.

 

Aujourd’hui j’ai changé de trajet. L’homme un peu simplet, je ne le verrai plus. Tant mieux, dans un sens. Mais je me demande ce qu’il va devenir. Comme les autres.

Publié dans Vie à Eprouver

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la chauve-souris 25/11/2011 16:18


je me demande aussi souvent ce qui leur est arrivé pour qu'ils n'aient d'autres solutions que de faire la manche.

Ilse 25/11/2011 18:21



Sans doute une rupture familiale aussi...