Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil _Haruki Murakami

Publié le par Ilse

MurakamiJapon, années 60. Hajima, 12 ans, est un enfant unique et en souffre car la plupart de ses camarades ont au moins un frère ou une sœur. Il rencontre Shimamoto-san, également enfant unique. Ils deviennent rapidement amis. De forts liens se tissent entre eux évoquant aussi les premiers émois amoureux. A cause du déménagement de Shimamoto-san ils se voient de moins en moins.

 

Hajima poursuit sa vie d’adolescent et d’adulte. Il rencontre d’autres jeunes filles et plus tard des femmes sans jamais véritablement oublier Shimamoto-san. Après une longue période de solitude, il rencontre Yukiko qu’il épouse et avec qui il a deux filles. Avec l’aide de son beau-père, il ouvre un club de jazz qui rencontre rapidement un grand succès. En faisant le bilan de sa vie, il se dit qu’il a eu beaucoup de chance et semble heureux.

 

Jusqu’au jour où réapparaît Shimamoto-san…

 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

Ce roman m’a fait penser à une peinture à l’aquarelle, c’est aussi beau et délicat.

 

L’auteur décrit bien les premiers émois amoureux d’adolescents, les désirs encore mal définis, leur intensité, ce passage à la fois très bref et lourd de sens avant l’entrée dans l’âge adulte. Sans compter le rapport incessant de ses illusions, ses souvenirs et la réalité.

 

On sent l’auteur très proche de Hajima.

 

J’ai beaucoup aimé l’évocation des hasards des rencontres, des imprévus de la vie qui peuvent aussi de temps en temps être de bonnes surprises.

 

L’écriture est agréable et envoûtante. Malgré les terribles tourments que traverse le personnage principal, ce roman est un beau voyage.

 

 

Quelques infos sur l’auteur : Né en 1949, il est le fils d’un enseignant de collège de littérature japonaise. Son premier roman, « Ecoute le chant du vent », obtient le prix Gunzo. Puis il part vivre à l’étranger et enseigne la littérature japonaise à l’université de Princeton aux Etats-Unis. Il revient vivre au Japon en 1995. La suite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami

 

 

 

Extraits :

 

& Simplement, je tendais l’oreille, je fermais les yeux et, immobile, j’essayais de le deviner. C’était un paysage à peine esquissé, aux contours vagues, comme brouillés par la brume. Au cœur de ce paysage se dissimulait quelque chose de très important pour moi, je le sentais. Et Shimamoto-san contemplait le même paysage que moi, je le savais.

 

& En cas de nouvelle crise du pétrole, que se passera-t-il ?

- Ca, c’est au gouvernement japonais et à la municipalité de Tokyo d’y réfléchir. C’est pour ça qu’on paie autant d’impôts, non ? Les hauts fonctionnaires sortis de la prestigieuse université de Tokyo n’ont qu’à se servir de leurs méninges. Ils se donnent toujours des airs importants, ceux-là, à croire que c’est eux qui font marcher le pays.

 

& Qu’allait-il se passer demain ? Si j’avais pu, j’aurais acheté tout de suite un cheval à ma fille. Avant que de nombreuses choses de ma vie ne sombrent à jamais. Avant que je ne perde tout et que tout soit définitivement gâché.

 

 

 

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Publié dans Vie à Lire moderne

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Asphodèle 04/05/2011 00:20



Je lorgne sur les Murakami en ce moment, depuis Kafka sur le rivage, en fait... Il me semble que celui-ci était plus ou moins biographique ? je le note de toute façon, si ce n'est déjà fait,
j'aime beaucoup les extraits que tu as choisi.



Ilse 04/05/2011 18:10



C'est un peu autobiographique car comme son héros, Murakami a été enfant unique et a tenu un club de jazz pendant quelques années à Tokyo je crois.