Just Kids_Patti Smith

Publié le par Ilse

kidsC’est l’histoire de deux gamins errants, à peine la vingtaine, qui se rencontrent par hasard à New York en 1967. Patti, issue d’un milieu modeste, vient d’accoucher de son premier enfant qu’elle a fait adopter par une famille près de chez elle dans le New Jersey. Robert, issu d’un milieu plus aisé, très strict et catholique a fui cette rigueur familiale. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se reconnaissent en tant qu’artistes en devenir, l’un soutenant l’autre et vice versa. Patti se passionne pour les livres et l’écriture depuis sa plus tendre enfance. Elle trouve des petits boulots dans diverses librairies. Robert a plus de mal à trouver un emploi stable. Il occupe son temps libre à peindre, fabriquer des colliers, décorer sans cesse leur appartement.
Après une courte séparation, ils se remettent ensemble et s’installent au Chelsea Hotel. C’est dans cet environnement qu’ils vont rencontrer beaucoup d’artistes phares de l’époque tels que Janis Joplin, Jimmy Hendrix.
Tandis que Robert admet son homosexualité, il ne trouve d’autre voie que la prostitution pour gagner un peu d’argent. Patti s’est fait recruter par une revue rock pour écrire quelques articles. Elle se lie du coup avec quelques musiciens et tente de mettre en chanson ses poèmes. C’est au St Mark’s Church qu’elle déclame ses textes sur un fond de guitare électrique qu’elle crée l’évènement. Beaucoup de personnes influentes du milieu artistique sont présentes.
Robert, cultivant son goût pour les mondanités, rencontre le responsable du département photographie du Metropolitan Museum of Art, John McKendry, qui va l’aider à se perfectionner dans cet art, devenu sa passion. Malgré le changement de ses fréquentations, Patti reste sa muse. Celle-ci publie quelques recueils de ses poèmes. Elle est influencée par Genet ou Rimbaud au point qu’elle part faire un second voyage à Paris pour visiter le musée et le cimetière où il est enterré.
Robert s’est installé avec son dernier amant, Sam Wagstaff, tandis que Patti a rencontré son mari Fred Sonic Smith et eu deux enfants, Jackson et Jesse.
Enceinte de sa fille, elle apprend la maladie de Robert atteint du Sida.
 
 
Mon avis :
 
Une très belle bio, bien écrite, une ode je dirai au monde des artistes. Cet amour et cette amitié très forte qui lie l’auteur et Robert Mapplethorpe est particulièrement touchante. C’est aussi le témoignage d’une époque, les années soixante, soixante-dix aux Etats-Unis, la situation politique, économique où tout était « encore » possible ? La vie de bohème des artistes, leurs addictions aux drogues et la mort qui n’est jamais loin. Ce qui reste frustrant c’est la citation de tous ces noms qui ne me disent rien.
Patti Smith par son style simple, sobre, m’a beaucoup émue. Je suis admirative de sa patience, son sang-froid face aux frasques et aux changements de Robert. Une femme tolérante qui poursuit son chemin quoi qu’il arrive, croyante en Dieu et en son art. Le récit d’une grande dame en somme… C'est difficile de la quitter.
 
 
Extraits :
 
& Ensemble, nous riions des enfants que nous avions été ; nous jugions que j’avais été une méchante fille qui s’efforçait d’être gentille, et lui un gentil garçon qui s’efforçait d’être méchant. Au fil des années, ces rôles allaient s’inverser, puis s’inverser de nouveau, jusqu’à ce que nous arrivions à accepter notre nature double et à nous mettre en paix avec l’idée que nous renfermions des principes opposés, la lumière et l’obscurité.
 
& Nous sommes rentrées à New York le 21 juillet. Tout le monde parlait de la Lune. Un homme avait marché dessus, mais j’avais à peine remarqué.
 
& Nous avions besoin de temps pour éclaircir la signification de tout cela, trouver une façon de l’assumer et de redéfinir le nom de notre amour. Il m’avait appris que la contradiction est souvent la voie la plus évidente vers la vérité.
 
 
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Publié dans Vie à Lire moderne

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Nue de Jean-Louis Toussaint 23/10/2013 09:43


Il y a ces genres de romans plein d'amour et de simplicité qu'on ne peut s'empêcher de dévorer d'un coup!

leshumeursdeviolette 03/10/2012 21:45


C'est vrai qu'on se sent désemparé après la lecture de ce livre, j'aurais bien continué à leurs côtés pendant longtemps...