L'Epoux impatient_Grazia Livi

Publié le par Ilse

GraziaRussie, 1862. Le comte Lev Tolstoï à 34 ans n’est toujours pas marié. Lorsqu’il projette de le faire, c’est à une des filles du Dr Bers, Sonia, 18 ans, qu’il fait sa demande. Celle-ci amoureuse et impressionnée, accepte. D’autant que son père considère l’homme comme un génie. Encore fiancés, ils s’échangent leurs journaux intimes.

 

La cérémonie est brève. Le soir même, les époux quittent Moscou pour un long voyage de deux jours. Devoir quitter sa famille du jour au lendemain est un choc pour la jeune femme. Durant le trajet, elle éprouve l’angoisse de ne pas être à la hauteur tandis que son mari est en proie au doute.

 

Ils s’arrêtent pour la nuit dans une auberge. C’est un second choc pour Sonia face à un homme qui ne sait pas contrôler ses pulsions. Le lendemain, dans leur voiture tirée par des chevaux, ils se remémorent leur vie d’avant, se rejoignent, s’éloignent, ont même des visions.

 

Enfin arrivés à destination, Sonia découvre sa nouvelle maison, les domestiques, la tante du maître. C’est la concrétisation d’une vie nouvelle.

 

 

grazialiviSur l’auteure : Grazia Livi est journaliste et écrivain italienne. C’est dans les années 70 qu’elle se consacre à une écriture plus personnelle. L’Epoux impatient est son premier roman publié en France. Il a reçu le prix Alessandro Manzoni en 2006.

 

 

Ce que j’en ai pensé : On rentre assez facilement dans les pensées de ce jeune couple. Le texte est entrecoupé d’extraits du journal intime des deux protagonistes, ce que j’ai trouvé à la fois original et rajoute à l’authenticité de ce récit.

 

 

On pourrait se dire que « ça promet » entre cette femme encore très jeune et cet homme sujet aux tourments, excessif avec une très haute opinion de lui-même ou de son talent. Et Sonia/Sofia qui se pose des tas de questions, réfléchit au meilleur comportement à avoir. Les tensions ne sont pas loin. (Les joies du mariage quoi…)

 

Une bonne surprise peut-être un peu courte. La première nuit de noces m’a quand même horrifiée et je trouve Sonia bien docile, mais c’est son choix et elle assume.

 

Sofia Bers et Léon Tolstoï auront ensemble treize enfants !

 

 

 

Extraits :

 

& Je ne veux pas. Cela fait partie de la bassesse de la vie qui m’a donné le dégoût de moi-même dès ma jeunesse. Je dois me surveiller. De quoi ai-je besoin ? De bonheur : c’est-à-dire être aimé d’elle et de moi-même. Et pourtant, quand j’éprouve ceci, je me hais.

 

& Chère petite maman. Aide-moi à comprendre. Je n’aime pas du tout cette espèce de lutte... le corps forcé, retourné, secoué et l’âme qui n’accepte absolument pas, qui reste là, à l’écart, emplie de stupeur… C’est normal tout cela ?

 

& Le mot « équilibre » insinua en lui une tristesse. Son avenir ne serait qu’une lutte entre contradictions, changements, abandons, retournements hâtifs. Aucune paix réelle sauf dans les moments de solitude féconde, après une querelle sanglante. Il le savait.

 

 

 

 

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Publié dans Vie à Lire moderne

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