Les misfits_Arthur Miller

Publié le par Ilse

MisfitsEtats-Unis, années 50 ? Roslyn, en instance de divorce attend son procès. Elle s’est réfugiée chez Isabelle à Reno, cité perdue dans le Nevada. Elles font la connaissance de Guido, la quarantaine, dépanneur, puis de son copain Gay un peu plus âgé.  Au casino, ils sympathisent et se rendent dans la maison de campagne de Guido, vaste baraque située à l’extérieur de la ville. Celui-ci ne cache pas son attirance pour Roslyn qui se trouve être une très belle femme, mais elle semble davantage attirée par Gay.

 

Effectivement, ils sont installés ensemble la semaine suivante dans la maison de Guido : ils transforment, arrangent la maison abandonnée. Mais une tension semble palpable dans le couple.

 

A l’arrivée d’Isabelle et Guido, ils décident d’aller assister à un Rodéo. Sur la route, ils croisent Perce Howland, vagabond trentenaire, qu’ils emmènent à Dayton, ville bruyante, poussiéreuse, paumée près du désert, mais bondée.

 

Roslyn va découvrir à quoi ces cow-boys passent parfois leur temps pour gagner un peu d’argent : la sauvagerie, une traque barbare des quelques mustangs qui survivent encore dans la région.

 

Ce que j’en ai pensé : Cette lecture a été aussi intense que rapide. J’aime le style descriptif de l’auteur étant donné que c’était adapté pour un film. Mais il est vrai qu’il y a un malaise latent puisqu’il s’agit de gens qui semblent paumés, comme s’ils avaient raté leur vie et ne trouvent plus autre chose à faire que d’aller tuer des chevaux en liberté. Le malaise commence avec la tension dans le couple, puis la violence du rodéo où l’on dirait que Perce court à une mort certaine et enfin la traque des chevaux. Je ne m’attendais pas à cette traque, qui par rapport aux autres « scènes » du livre est beaucoup plus longue, donc pénible à lire.

 

Je me suis beaucoup identifiée à Roslyn, sans doute à tort. Je ressentais cette souffrance, mais j’aurai été moins courageuse qu’elle. Je crois que je serais partie en courant…

 

Que le couple qu’elle formait avec Gay après cet épisode éprouvant se reforme m’a également un peu étonnée.

 

A. miller (2)Sur l’auteur : Né à New York en 1915, A. Miller était issu d’une famille polonaise juive. Il sera très marqué par la dépression de 1929 qui oblige sa famille à déménager à Harlem. N’étant pas doué pour les études, il commence à travailler dans un entrepôt de pièces détachées pour automobiles où il sera confronté à l’antisémitisme. Il sera reçu à l’université de Michigan en 1934 où il va étudier le journalisme et le théâtre. Au printemps 1936 il écrit sa première pièce : Honors at Dawn.

Il écrira Mort d’un commis voyageur en 1949 suivi des Les sorcières de Salem.

En 1956 il est accusé de faire partie d’un groupe communiste.

Il épouse Marylin Monroe le 29 juin 1956. Ils divorceront en janvier 1961.

 

 

 

 

Extraits :

 

& - Vous en connaissez, des gens à qui on peut se fier, vous ? Franchement ?

- Je ne me pose plus la question, chérie.

- Vous croyez que je suis quelqu’un à qui on peut se fier, moi, par exemple ?

- Oh, je crois que vous le seriez si vous aviez quelqu’un à qui vous fier vous-même.

 

& « Pécheresse ! Tu veux faire un don, je le sens ! Je le lis dans tes jolis yeux qui se tournent vers la lumière ! Je te connais, pécheresse, je te connais et je t’aime pour ta vie de douleur et de péché… Donne à celle qui te comprend, à la seule qui t’aime dans ton désert solitaire. »

 

& Perce est maintenant à une longueur de corde de la grande jument et de son poulain. Soudain, Roslyn sort la tête de la cabine, elle l’implore du regard. Elle pourrait presque toucher le poulain, qui galope à son niveau. Perce est surpris par ce qu’il lit sur ce visage d’effroi et de peine.

 

 

 

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Un lecture commune du Club !

Publié dans Vie à Lire moderne

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