Un sang d'aquarelle

Publié le par Ilse

Lire aquarelleDurant la seconde guerre mondiale, Constantin von Meck, célèbre réalisateur un peu fauché accepte de tourner pour la U.F.A., société de production cinématographique allemande sous l’occupation nazie à la consternation de ses proches.

 

Fraîchement divorcé de Wanda Blessen, célèbre actrice d’origine suédoise, il s’entoure de son amant, le mystérieux Romano et se console auprès de la nouvelle star montante du cinéma français, Maud Mérival.

 

Sur dénonciation, il perd son électricien et son décorateur tous deux d’origine juive qu’il tente vainement de récupérer.

 

Un nouveau tournage commence adapté du roman de Stendhal, La Chartreuse de Parme. Dans un des rôles titres il retrouve son ex-femme ainsi que Maud Mérival, Romano et une nouvelle équipe technique. La plupart d’entre eux sont logés chez Boubou Bagrance, veuve richissime, amatrice de mondanités.

 

Dans cette ambiance particulière puisque en période de guerre, Constantin von Meck parvient malgré ses sautes d’humeur, son audace envers les autorités allemandes à s’en sortir et il finit par s’en étonner.

 

Ce que j’en ai pensé :

 

C’est un roman assez différent de ce que j’ai lu précédemment de Françoise Sagan, notamment je crois parce dans ce cas l’action se passe dans un contexte historique bien réel. Il s’agit d’une confrontation de deux mondes totalement opposés : celui du cinéma qui laisse rêveur à celui d’officiers allemands durant la seconde guerre mondiale. Malgré ce lourd contexte les dialogues sont légers et vifs, les personnages hauts en couleurs. On finit par s’attacher au personnage principal qui finit par se rendre compte de ce qui se trame autour de lui. J’ai beaucoup ri durant ma lecture malgré l’angoisse omniprésente des officiers SS. Toute l’équipe du film est surveillée en permanence et on redoute bien souvent le pire. Durant ma lecture j’ai vraiment eu l’impression de visualiser un film : le décor, le contexte, les personnages, l’auteure nous donne tout avec toujours cette touche tellement classe de légèreté dans le drame.

 

 

Extraits :

 

& Il y eut même un instant d’amitié, d’allégresse, un instant d’humanité qui se glissa entre ces hommes si disparates, si haineux et si méprisants les uns pour les autres ; il y eut un instant qui rappela la paix à tout le monde et arrêta même le caquetage des « hirondelles », ces invités d’office, ces parasites des buffets ouverts dont les restrictions avaient doublé le nombre.

 

& Car les films stupides et finalement complaisants dans leur confiserie qu’on lui faisait tourner, ne pourraient le distraire plus longtemps ni lui dissimuler cette vie nue, solitaire et vaine : une vie nue qui n’était plus qu’une longue et inéluctable glissade vers la mort, une glissade qui allait bientôt s’accélérer jusqu’à une chute brutale, atroce et injuste.

 

& On ne parlera plus de la guerre qu’à propos de Jeanne d’Arc qui, ayant été brûlée par les Anglais comme vous le savez, devrait se réjouir tardivement de voir ceux-ci recevoir des V 1 sur le coin de la tête. La conversation, absolument exquise, se déroulait de nœud papillon à nœud papillon ; on évoquait Henri Heine comme d’habitude et la musique adoucissant les mœurs et la poésie n’ayant pas de frontières, tout allait pour le mieux dans le meilleur des petits mondes.

 

 

 

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C'était aussi ma participation au challenge de Delphine.

Publié dans Vie à Lire Sagan

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